Conception des cursus de formation à la traduction et à la communication technique : jeux d’équilibres

Les formations à l’exercice de la traduction, de l’interprétation, de la terminologie et/ou de la communication technique se veulent « professionnalisantes ». Autrement dit, elles n’ont pas pour seul objectif de cultiver les étudiants, mais de les mettre en capacité de tirer revenu de ces pratiques. Par conséquent, il s’agit de les aider à acquérir les compétences qui leur permettront de s’insérer au mieux dans un marché professionnel, constitué de clients avec leurs besoins, de professionnels cherchant à les satisfaire, et d’intermédiaires les mettant en relation. Cela place de fait les formations dans une relation étroite avec le secteur en question : elles se préoccupent des demandes et besoins nouveaux, émergents, des tendances du marché, pour y positionner leurs étudiants avec les meilleurs atouts.

Périodiquement, les équipes pédagogiques remettent donc sur le métier leurs programmes de formation, leurs « maquettes », et redéfinissent la place des différents curseurs en fonction des évolutions, à la fois dans le secteur et au sein des formations. Elles ont en effet à se positionner elles-mêmes vis-à-vis des formations concurrentes ou complémentaires, en vue d’attirer des étudiants, selon un certain nombre de critères qui ne concernent plus seulement l’exercice des professions en question :

  • Quelle est l’offre de formation disponible dans le secteur géographique concerné ?

  • Comment se positionne la formation à l’étude par rapport aux formations à distance déjà existantes, si c’est la modalité envisagée ?

  • S’agit-il de formation initiale ou de formation continue ?

  • Avec ou sans alternance possible ?

  • En combien de temps (semaines, semestres, années) ?

  • À partir de la licence ou du master ?

Les curseurs plus directement liés aux professions sont nombreux :

  • Formation à quels métiers ?

  • Avec quel degré éventuel de spécialisation(s) ? (Combinaisons linguistiques, services, outils, domaines de connaissances…)

  • Quelles compétences seront-elles considérées comme des prérequis à l’entrée dans la formation ?

  • Quelles seront les compétences « de base », qui y seront enseignées ?

  • Comment seront articulées les différentes fonctions que des langagiers peuvent assumer dans leur vie professionnelle ? Quelles passerelles, complémentarités et spécialités sont à consolider ou à créer entre, par exemple, traduction et interprétation, traduction et communication technique, ou entre les applications de la gestion de projets linguistiques à ces différents métiers ?

  • Quel(s) type(s) de pédagogie ? Ce ou ces types de pédagogie seront-ils exclusifs, dominants, appliqués à l’appréciation de chaque enseignant ou enseignante ?

  • Quelle place accordée aux technologies ?

  • Quels outils ou technologies ? En fonction de quels critères ?

  • Quelles compétences transversales feront l’objet d’enseignement ou d’autres formes d’accompagnement ?

  • Comment la formation aidera-t-elle à travailler les compétences douces, « savoir-être », etc. ?

  • Quelle(s) obligation(s) de stage(s) ? (Nombre, durée…)

  • Quel accompagnement dans cette professionnalisation ?

Les réponses dépendent aussi évidemment des évolutions constatées chez le public étudiant.

Elles doivent enfin tenir compte de paramètres :

  • locaux, liés à l’université ou l’organisme qui dispense la formation ;

  • régionaux, lorsque des soutiens ou des politiques régionales soutiennent les formations avec peut-être des attentes spécifiques en contrepartie ;

  • nationaux : « cadrages » ministériels divers, politique générale d’enseignement supérieur… ;

  • internationaux : contribution ou influence du réseau EMT sur la conception des formations de traduction, liens avec des associations internationales telles que l’AIIC (Association internationale des interprètes de conférence), tekom pour la communication technique, etc.

Les contributions soumises à la revue pourront ainsi proposer des réponses à l’une ou l’autre de ces questions, dont la liste ne prétend aucunement à l’exhaustivité. Il serait d’ailleurs difficile de répondre à toutes dans un même article. Certaines pourront ainsi tenter de dresser une cartographie des formations dans un pays donné, analyser la démarche globale et la configuration d’une équipe pédagogique, présenter ce qui distingue telle ou telle formation, offrir au lectorat francophone de la revue un éclairage provenant de pays divers, etc.

Ces propositions seraient particulièrement enrichissantes. En effet, si les responsables de formation peuvent assez bien connaître les autres formations du même pays, que le réseau européen EMT permet aussi de mieux connaître les formations au-delà de chaque État, les formations à la traduction, à l’interprétation, à la communication technique créées ailleurs dans le monde pourraient montrer d’autres voies.

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Calendrier et modalités de soumission

Les personnes responsables de la coordination du numéro attendent un résumé d’environ 150 mots des propositions d’articles d’ici le 31 mars 2025. Ces propositions seront approuvées en l’état, refusées ou feront l’objet de suggestions de modifications sous quinzaine.

Les articles complets, originaux, devront être envoyés avant le 15 juin 2026 à l’adresse articles[à]atradire.fr. Les auteurs correspondants devront copier-coller dans leur message la phrase suivante :

Par le présent message, j’atteste que les co-auteurs éventuels de l’article soumis et moi-même, en tant qu’auteur correspondant, avons bien pris connaissance de la charte éthique et déontologique de la revue et y adhérons sans réserve.

Conformément aux règles de la revue, les articles seront préalablement examinés par les coordinatrices du numéro, puis soumis à deux évaluations en double aveugle. Les réponses aux propositions de contributions seront données au plus tard fin octobre 2026.

Les textes devront respecter les règles de présentation et d’anonymisation habituellement appliquées par la revue À tradire (voir les consignes aux auteurs). Ils seront accompagnés d’un résumé de 1 000 caractères maximum et de mots-clés qui, comme le titre de l’article, devront être traduits en anglais et éventuellement dans une ou plusieurs autres langues au choix (voir politique linguistique dans les consignes aux auteurs). Si le français n’est pas la langue de l’article, il faudra tenir compte des consignes supplémentaires et produire un résumé long en français.

Authors

David ar Rouz

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Katell Hernández Morin

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